L'histoire de François Bernier dit Saint-François,
qui venait de Bretagne, en France lui
aussi, et qui s'était engagé comme
marin ou comme soldat, ne sera pas trop longue. Un seul
document trouvé permet d'assurer qu'il était
au Canada entre 1732 et 1747. On le retrouve dans les
registres de l'Hôtel-Dieu de Québec, comme
le précédent et le suivant.
François Bernier est né en 1703 ou
1707 dans la ville de Nozay (Loire-Atlantique) en
Bretagne. Soldat d'une compagnie du détachement
de la marine, il est hospitalisé à Québec, à
l'Hôtel-Dieu, le 24 février 1732 pour une
période de cinq jours.
Entre 1732 et 1747, François Bernier sera
hospitalisé à huit reprises encore. On varie
son orthographe dans ses inscriptions à l'Hôtel-Dieu
et on écrit à l'occasion «Garnier». Le registre
des malades ne dit pas cependant s'il y est décédé.
Il est probable qu'il y décède en 1747 à l'âge
de 40
ans.
Il faisait partie des premiers soldats de métier
de la Nouvelle-France qui arrivèrent en
1683. C'étaient des troupes de la Marine, ainsi
nommées parce que l'administration de la colonie
relevait du Ministère de la Marine et des Colonies.
Tout ce qu'on demandait aux recrues pour être
enrôlées dans l'armée, c'était de mesurer
1.45 mètre et d'avoir suffisamment de bonnes dents
pour manger les biscuits de l'armée. A court
d'armes et de vivres, les soldats s'engageaient souvent
comme garçons de ferme quand la solde
tardait à venir.
Les principales troupes de la Nouvelle-France furent
en fait celles de la milice fondée en
1669. Les hommes valides de 16 à 60 ans faisaient
l'exercice des armes tous les mois, mais ne
recevaient ni solde ni uniforme. Certains se peignaient
le visage et portaient des plumes au combat,
comme le faisaient les Indiens.
Quoiqu'il en soit, François Bernier est venu
en Nouvelle-France pour défendre le pays
contre les envahisseurs. Il est mort au combat d'honneur,
ses blessures de guerre étant trop grandes
pour en être guéri. (Héritage du
Canada, Sélection du Reader's Digest).
Il va de soi que lui non plus ne laissa aucune
descendance à la patrie. Aucun acte de
baptême, de mariage et même de sépulture
ne nous sont connus.
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