«Le 2 août 1793, la Concention ordonne
la destruction
totale de la Vendée, rebelles,
maisons, récoltes. 52% des condamnations
à la quillotine auront lieu dans l'ouest
de la France. 17,500 condamnations à
mort officielles. Parmi elles 14 ancêtres
Bernier».
La liste des quelques dix-sept mille cinq cents Français et Françaises officiellement guillotinés sous la Révolution établie au lendemain du Directoire, rempli deux épais et rarissimes volumes qui depuis deux siècles n'étaient généralement accessibles qu'aux érudits.
La lecture de cette liste permet de mieux comprendre comment une foule de gens de tous âges et de toutes conditions sociales ont été livrés au bourreau pour leur militantisme contre-révolutionnaire, mais aussi, souvent, désignés par hasard, par imprudence, par malveillance, par des fanatiques de droits communs, objets de sanction exemplaire.
Ce sont les paysans (28%), les ouvrier ou artisans (30%) et les marchands (20%), qui composent la masse des guillotinés. Avec une conséquence saisissante: aujourd'hui, compte tenu du brassage des générations, un Français sur vingt a eu un ancêtre ou un proche de cet ancêtre guillotinés sous la Révolution.
En 1789, les contemporains sont horrifiés du spectacle des exécutions capitales. Le long supplice des grands criminels, attachés à une roue et dont le bourreau brise les membres avec son bâton, avant de les achever d'un coup à la poitrine, indigne les intellectuels. La pendaison, avec ses victimes gigotantes, ne paraît pas moins barbare. On envisage presque le privilège des nobles de périr décapités, même si la hache mal affutée ou maladroite doit s'y reprendre à plusieurs fois. La foule voyeuse et scandalisée crie à la boucherie, menace le bourreau.
Persuadé que la révolution doit permettre à tous de bénéficier des avantages de la minorité, le docteur Guillotin propose dès 1789 la généralisation de l'exécution capitale par décapitation mécanique. On applaudit l'idée, aussitôt baptisée «guillotine». Et l'aimable poète Sébastien Mercier s'interroge: Est-ce un supplice doux que celui de la guillotine?
Voici la liste des 14 Bernier guillotiné:
1.- BERNIÉ, Pierre, domicilié au May,
Canton de Cholet, Département de Mayenne et
Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 13 janvier, an 2,
par la
Commission militaire de
Nantes.
2.- BERNIÉ, Jean, domicilié à Vézins,
Canton de Cholet, Département de Mayenne et
Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 13 janvier, an 2,
par la
Commission militaire de
Nantes.
3.- BERNIÉ, Jean, domicilié à Saint-Pierre
de Chabronne, Canton de Bressuire,
Département des
Deux-Sèvres, condamné à mort comme brigadier de la
Vendée, le
13 janvier, an 2, par
la Commission militaire de Nantes.
4.- BERNIÉ, Jean, domicilié à Saint-Pierre
de Chabronne, Canton de Bressuire,
Département des
Deux-Sèvres, condamné à mort comme brigadier de la
Vendée, le
13 janvier, an 2, par
la Commission militaire séante à Nantes.
5.- BERNIÉ, Louis, domicilié aux Essarts,
Canton de Roche-sur-Yon, Département de
Vendée, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée le 3 janvier, an 2, par
la
Commission séante
à Savenay.
6.- BERNIER, François, meunier, domicilié
à Gonnord, Canton de Vihiers, Département
de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme conspirateur, le 6 janvier, an 2, par
la Commission militaire
séante à Sanmur.
7.- BERNIER, Jacques, domicilié à Cholet,
Département de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier
de la Vendée, le 4 janvier, an 2, par la Commission militaire,
séante à
Savenay.
8.- BERNIER, René, journalier, domicilié
à Saint-Lambert de Latez, Canton de Vihiers,
Département de
Mayenne et Loire, comme brigadier de la Vendée, le 6 janvier, an
2,
par la Commission militaire
de Rennes.
9.- BERNIER, Julien, domicilié à la Pommeraye,
Canton de Saint-Florent, Département
de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 12 décembre,
an 2, par la Commission
militaire séante au Pont-de-Cé.
10. BERNIER, Mathurin, domicilié à la Tour-Landri,
Canton de Cholet, Département
de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 17 décembre,
an 2, par la Commission
militaire séante à Doué.
11. BERNIER, Pierre, domicilié à la Tour-Landri,
Canton de Cholet, Département de
Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 17 décembre,
An 2, par la Commission
militaire séante à Doué.
12. BERNIER, Jacques, domicilié à la Tour-Landri,
Canton de Cholet, Département de
Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier de la Vendée, le 17 décembre,
An 2, par la Commission
militaire de Doué.
13. BERNIER, Michel, domicilié à Cholet,
Département de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier
de la Vendée, le 16 décembre, an 2, par la Commission
militaire séante
à Nantes.
14. BERNIER, René, domicilié à Cholet,
Département de Mayenne et Loire, condamné
à mort comme brigadier
de la Vendée, le 11 janvier, an 2, par la Commission
militaire, séante
à Nantes.
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Janvier 2001.